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La Boucle du Mouhoun

Pas un seul mètre d’asphalte

Boucle du Mouhoun signifie littéralement « virage dans la Mouhoun ». Le Mouhoun est la rivière qui prend sa source au sud du Burkina Faso, se dirige ensuite vers le nord, avant de faire demi-tour à hauteur de Dédougou pour se diriger à nouveau vers le sud direction du Ghana. Auparavant on appelait cette rivière la Volta Noire, et au Ghana on l’appelle encore la Black Volta.

Les données statistiques du Burkina Faso correspondent globalement aux caractéristiques de la région de la Boucle du Mouhoun. Elle fait environ 20.000 km2, soit la moitié des Pays Bas. Dans toute la région, on ne trouve pas un seul mètre de route goudronnée. Le réseau routier est constitué des fameuses « pistes », de la terre battue, ce qui fait affreusement souffrir les voitures, les cars et camions. Par sa position géographique favorable, avec relativement beaucoup de précipitations et une terre assez fertile, on appelle parfois la Boucle du Mouhoun le grenier à blé du Burkina Faso. Mais l’état des routes complique considérablement le transport des produits agricoles.

Dédougou est la capitale administrative et la sixième ville du pays avec ses 35.000 habitants. S’y trouvent les seules écoles secondaires de la région : six collèges publics et deux privés. Il n’y aucun enseignement supérieur. Une usine de la SOFITEX, la société nationale pour la transformation du coton, emploie une main d’œuvre saisonnière sans qualification pendant six mois par an.

Dolo

La majorité de la population de la Boucle du Mouhoun est Bobo. Ils cohabitent paisiblement avec les Samo et les Peul. Par la surpopulation sur le plateau, de plus en plus de Mossi arrivent par l’est dans la région.

Les Bobo forment un peuple fièr qui ne s’est jamais laissée dominer. Même le colonisateur français n’a jamais réussi à les contrôler. Ils ont une culture riche et une structure sociale ferme. A la différence des Mossi, qui vivent avec leur famille dans des groupes indépendants, les Bobo vivent en villages. Ils sont traditionnellement agriculteurs et le partage des terres est organisé par le « chef de terre », descendant du fondateur du village. Ce chef de terre, généralement un vieux sage, résout en plus des litiges concernant les terres, également les différends familiaux. Il perpétue aussi le respect des rites traditionnels comme la sacralisation des masques que l’on montre périodiquement pendant certaines cérémonies.

Les Bobo sont organisés d’une façon relativement démocratique dans une culture de consensus. A chaque difficulté importante, tous les chefs de famille se réunissent et discutent jusqu’à ce qu’une solution soit trouvée. Ensuite, il y a une cérémonie rituelle pour remercier les ancêtres et on arrose le succès avec un verre de dolo.

Le dolo est fabriqué avec du mil germé qu’on fait bouillir pendant trois journées entières, 24 heures sur 24. Garder le feu sous plusieurs récipients pendant 72 heures consomme des quantités innommables de bois. Le déboisement croissant oblige les femmes à acheter leur bois. Ainsi, leurs marges bénéficiaires deviennent négligeables. La moindre difficulté dans la fabrication réduit leur investissement à néant.

Dans beaucoup de villages Bobo existent des quartiers où habitent des Peul, qui eux sont plutôt éleveurs. Les Bobo confie leur bétail aux Peul. Avec le blé, le bétail est un excellent investissement pendant les années riches à consommer pendant les années pauvres. Les mariages entre ces deux groupes ethniques sont devenus fréquents.

Au photo:

Un tandem holandais a une nouvelle tâche: celui de ambulance de la brousse qui transport les malades a l'hopital à Dédougou.